Des dizaines d’acheteurs d’une voiture méconnue sont privés de carte grise
Publié par Eplaque-2 min de lecture ⏳
Le 13/04/2026

Imaginez acheter une voiture neuve « made in France » et vous retrouver dans l’impossibilité de l’immatriculer. C’est le cauchemar que vivent actuellement les propriétaires d’une Forest Automobile, une petite marque artisanale de l’Aisne. Entre imbroglio administratif et normes antipollution dépassées, le blocage est total. A 20.000 € de perte par dossier bloqué, les propriétaires s’organisent pour tenter de trouver une solution.
Un constructeur ambitieux, mais rattrapé par les normes
La marque Forest Automobile, liquidée en mars 2025, commercialisait un modèle nommé « La Forest ». Ce véhicule atypique mixait le look d’une Citroën Méhari et d’une Jeep Wrangler. Cependant, sous sa carrosserie en résine, la mécanique datait d’une autre époque. En effet, elle utilisait des moteurs Peugeot-Citroën de la famille « TU ».
Le problème majeur réside dans leurs émissions. Ces moteurs répondent uniquement à la norme Euro 3. Or, cette norme n’est plus acceptée pour l’immatriculation de véhicules neufs depuis le… 1er janvier 2006. Depuis cette date, les exigences environnementales ont grandement évolué. Aujourd’hui, un véhicule neuf doit respecter des critères bien plus stricts. Vous pouvez d’ailleurs vérifier la norme Euro indiquée sur la carte grise de votre véhicule actuel pour comparer.
L’administration française pointée du doigt
Ce dossier prend une tournure judiciaire car l’État est accusé d’incompétence. De fait, les CERT de France Titres ont validé et délivré 23 certificats d’immatriculation entre 2022 et 2024 pour ces véhicules. Ce précédent a rassuré les nouveaux acheteurs, qui pensaient acquérir un véhicule parfaitement immatriculable.
Cependant, l’administration a brusquement décidé de ne plus valider les dossiers au premier semestre 2023. Les propriétaires se retrouvent avec leurs plaques provisoires périmées. Devenues roses, leurs plaques WW blanches trahissent leur péremption. Ils dénoncent un manque de contrôle des documents lors de la première phase de vente. Aujourd’hui, obtenir une carte grise pour ces voitures est devenu une mission impossible.
Les solutions proposées par le « collectif Fargo des WW »
Pour sortir de cette impasse, les 39 membres du comité Fargo des WW font 2 propositions concrètes :
- Reclassement : immatriculer les voitures comme des véhicules d’occasion des pièces de seconde main ont servi à leur conception. Ensuite, autoriser la circulation après un CT favorable basé sur les critères de l’époque Euro 3
- Indemnisation : demander à l’État le remboursement intégral des véhicules si aucune solution de circulation n’est trouvée
Dans l’attente d’un compromis, le blocage persiste. Les formalités d’homologation individuelles à titre isolé ne permettront pas de se sortir de l’impasse. Il faut un geste de l’Etat, mais va-t-il y concevoir ? La troisième solution serait… d’annuler les cartes grises attribuées à ces véhicules.
Quel avenir pour les petits constructeurs ?
L’industrie automobile française a toujours eu du mal à protéger ses petits artisans. Face à la future norme Euro 7, les exigences techniques deviennent difficiles à suivre pour les petites structures. Sans un cadre souple, des projets comme celui de Forest Automobile risquent de disparaître.
L’affaire est désormais entre les mains d’un avocat spécialisé en droit administratif. Le verdict déterminera si l’État doit assumer ses erreurs de contrôle pour libérer ces malheureux propriétaires ou si ces véhicules sont condamnés à circuler sur terrain privé ou à terminer dans un musée avec 0 kilomètre au compteur.


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